mercredi 28 mai 2014

Que veut dire cette fête de la disparition du Christ, de son Ascension ?



Les apparitions du ressuscité comportent toutes les mêmes éléments : chaque fois le Christ apparaît de manière inattendue ; chaque fois, c'est lui qui a l'initiative ; chaque fois la chose est si soudaine qu'on ne le reconnaît pas : on le prend pour un fantôme, un jardinier, un inconnu, chaque fois on nous parle du doute des disciples. Le corps du Christ ressuscité est étrange puisqu'il apparaît toutes portes étant closes et on ne reconnaît son corps qu'au moment où sa manifestation est reliée à des actes ou des paroles  d'avant la Pâques : il appelle par le nom comme avant, il permet la pêche miraculeuse comme avant. C'est bien le même : il a sur lui les plaies de la passion.
Dans l'épisode des disciples d'Emmaüs le Christ va être reconnu grâce à d'autres indices : l'explication des Écritures et la fraction du pain mais dès qu'il est reconnu vivant sa manifestation physique disparaît. Il y aura dans le nouveau testament une autre apparition du Christ ressuscité après la Pentecôte à Paul sur le chemin de Damas. La manifestation physique de la présence du Christ ne se fait ici que par une voix et une grande lumière ; une voix dans laquelle le Christ s'identifie aux chrétiens persécutés. Et Paul ne reconnaîtra pleinement le Christ que lorsque Ananie le baptisera : c'est à dire par son entrée  l'Église et le signe sacramentel qui l'accompagne ; à ce moment des écailles tomberont de yeux. Il n'y a plus à voir que l'Église : présence corporelle du Christ.
Les différents récits nous montrent un effacement progressif de la manifestation physique du Christ. Pourquoi cela ?
Après sa mort Jésus est apparu pendant un temps assez court mais suffisant pour que les apôtres découvrent que Jésus est  bien vivant ; c'est bien lui : sa manifestation physique sert d'indice, d'indicateur de cette présence qui se continue après la mort ; mais le plus important est cette présence : dés qu'elle est reconnue l'indice, l'apparition, le panneau indicateur disparaît. Il n'y a plus besoin du panneau indicateur puisque "Je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin des temps."
A chacun d'entre nous cette présence est accessible. Jésus est venu établir une relation nouvelle entre Dieu et l'homme, une nouvelle alliance, il est venu faire corps avec chacun d'entre nous et plus particulièrement avec ceux qui sont persécutés, avec les pauvres. Oui  il est bon qu'il s'en aille comme il le dit dans l'Evangile ; il est bon que son corps physique disparaisse pour qu'apparaisse cette extraordinaire nouvelle qu'il est avec chacun, qu'il est en chacun.

Jean ROUET

mardi 1 avril 2014

Des résultats attristants !!



Tel est mon sentiment après les élections municipales. Non parce que la droite l’emporte sur la gauche mais parce que le discours dominant n’a pas changé !
Dans les commentaires nombreux qui se succèdent dans nos machines à voir et à entendre, le centre des préoccupations n’est pratiquement jamais l’homme.
La finalité de tous les discours, de droite comme de gauche, c’est la croissance, la productivité, le rendement.

La croissance est d’abord économique et non humaine, l’emploi est productivité et non travail à la mesure de l’homme, le rendement il est financier et non de qualité humaine. L’homme qui est au centre des discours politiques est au service de la machine et non l’inverse.

Beaucoup s’étonne de l’augmentation de l’abstention, quel aveuglement sur l’augmentation de la désespérance ! Le politique a pour vocation de donner une espérance, de tracer un chemin nos politiques ne vous proposent que des chiffres et ceux-ci sont de plus en plus mauvais. On ne nous propose pas de vrais projets, on calcule les meilleures recettes. On ne fait pas de l’humain, on fait du chiffre !

Je fais totalement mien la prière du pape François dans la joie de l’Evangile au n°205 :


“Je demande à Dieu que s’accroisse le nombre d’hommes politiques capables d’entrer dans un authentique dialogue qui s’oriente efficacement pour soigner les racines profondes et non l’apparence des maux de notre monde ! La politique tant dénigrée, est une vocation très noble, elle est une des formes les plus précieuses de la charité, parce qu’elle cherche le bien commun. Nous devons nous convaincre que la charité « est le principe non seulement des micro-relations : rapports amicaux, familiaux, en petits groupes, mais également des macro-relations : rapports sociaux, économiques, politiques ». Je prie le Seigneur qu’il nous offre davantage d’hommes politiques qui aient vraiment à cœur la société, le peuple, la vie des pauvres ! Il est indispensable que les gouvernants et le pouvoir financier lèvent les yeux et élargissent leurs perspectives, qu’ils fassent en sorte que tous les citoyens aient un travail digne, une instruction et une assistance sanitaire. Et pourquoi ne pas recourir à Dieu afin qu’il inspire leurs plans ? Je suis convaincu qu’à partir d’une ouverture à la transcendance pourrait naître une nouvelle mentalité politique et économique, qui aiderait à dépasser la dichotomie absolue entre économie et bien commun social.”

mardi 25 février 2014

Où va t-il donc s'arrêter ?

Quand on parle de François, le pape bien sûr, la plupart des gens font une grande inspiration et un large sourire comme si un souffle nouveau, un style nouveau nous donnait à tous de l'air et du soulagement. On a l'impression de respirer plus large et c'est un vrai repos dans ce temps où la mission nous sollicite si fortement. 
Les dernières décisions qu'il vient de prendre concernant les questions économiques sont une bonne nouvelle. Il s'inscrit dans la suite des premières mesures amorcées par Benoit XVI. Le Vatican a donc maintenant un ministère des finances en ligne directe avec le pape, il est appelé à remplacer les nombreux organes qui fonctionnaient souvent indépendamment les uns des autres. Voilà une véritable révolution tranquille pour mettre au service de la mission les moyens dont dispose le Saint Siège. Le lendemain de cette décision François s'adresse à toutes les familles pour leur confier dans la prière les deux prochains synodes car les familles sont les premières concernées par ce qui va s'y vivre et s'y décider. L'enquête préalable qui a circulé dans le monde entier a été une première pour inviter tous les catholiques à dire leur mot. Le sens de la foi vécue par le peuple de Dieu est un des éléments nécessaires à la réflexion des responsables de l'Eglise. Vraiment ce pape nous fait changer d'époque et l'Eglise-communion du dernier concile est de plus en plus une réalité. Quelle joie pour nous tous ! Mais où ce pape va t-il donc s'arrêter ? 

mercredi 22 janvier 2014

La détresse est supprimée !

L'assemblée nationale dans la nuit du 21 au 22 janvier 2014 a transformé un cas de détresse en droit. Un tel déni de la complexité de l'existence humaine est véritablement dramatique de la part de nos politiques. Il a suffit de quelques heures pour passer sous silence la souffrance profonde des hommes et des femmes en échec de fécondité, de donner libre court à la toute puissance mortifère, de nier la vie en germe la réduisant à un amas de cellules. Une profonde tristesse m'envahit devant un tel gâchis.
Une fois de plus une évolution de notre société se fait à huit clos sans véritable débat démocratique. Une fois de plus le droit du plus faible est bafoué. Une fois de plus l'individualisme est conforté au détriment de la solidarité. Aucun parti politique n'a été à la hauteur du débat. Comment s'étonner que le discrédit que les atteint ne cesse de grandir ! On pleure sur la baisse de notre puissance économique, on gémit sur l'augmentation des impôts mais on ne verse aucune larme sur les enfants à venir. La culture de mort dont parlait Jean-Paul II ne cesse d'étendre ses ravages. 
Rien n'est vraiment dit sur l'accompagnement des femmes devant une grossesse non désirée, rien n'est prévu pour soutenir ceux qui sont devant une question de vie et de mort. Nous ne faisons que préparer une société de plus grande violence en mettant sous couvercle nos drames intimes liés à nos amours, à nos échecs, à nos solitudes.
Qui nous aidera à prendre délibérément le chemin de la vie ?