mercredi 16 janvier 2013

Dieu fait une manifestation !


             Dans l’événement du baptême de Jésus il est d’abord question de plongeon ! Pour Jésus, son plongeon dans les eaux du Jourdain manifeste un investissement total. Il est un parmi  d’autres, un de ce peuple qui vient se faire baptiser par Jésus, il en est de ces gens qui veulent se convertir, il en est de cette longue histoire de l’humanité qui cherche un salut, qui espère un sauveur, il n’est pas un sauveur du dehors, il est un sauveur du dedans ! Il ne vient pas de l’extérieur, il vient de l’intérieur de cette histoire, il ne manifeste pas un Dieu qui surplombe l’homme, il manifeste un Dieu qui a à voir avec les profondeurs de l’homme et de son histoire. Il en est pleinement !
Du coup, ça communique : « les cieux s’ouvrirent » nous dit l’Evangéliste Saint Luc.  Le constat depuis longtemps, c’est la fermeture. Entre l’homme et Dieu, ça ne marche pas, l’être humain a cette propension formidable de se couper de Dieu, il a peur d’y perdre en liberté, en autonomie, en bonheur, il a peur d’une dépendance qui ferait de lui jusqu’à la fin un petit garçon sous les ordres. Alors il prend son héritage, il prend ce qu’il a reçu de la vie et il vit pour lui-même. Le malheur, c’est que la liberté recherchée, le bonheur attendu n’est pas au bout de la course, ça ne marche pas, c’est même plutôt le contraire, ça se dégrade pour lui.
Ici, c’est tout le contraire, un homme qui en est pleinement de cette pâte humaine, qui n’en rejette rien, qui l’épouse entièrement, un homme, un d’entre nous, n’a pas peur de Dieu, il n’a pas peur pour sa liberté, au contraire sa liberté, elle est toute entière dans sa capacité à se laisser faire, à se laisser conduire par les évènements et les rencontres pour que le bonheur des autres, pour que le bonheur de Dieu soit premier servi. Un homme qui n’a pas peur d’être totalement pour les autres et pour Dieu, ça ouvre à nouveau, ça fait communiquer. Les cieux s’ouvrent, les relations sont rétablies.
Du coup Dieu fait une manifestation ! Une épiphanie, comme on dit quand on parle grec. le Père, l’Esprit et le Fils sont au rendez-vous et se manifestent ensemble.
Plongeon, ouverture, communication… ça marche pour la liberté !
Jean ROUET

mercredi 26 décembre 2012

Au commencement, Dieu aime !


Ce jour de fête, sans cesse renouvelé depuis 20 siècles, est un commencement, une naissance. Tout est possible, et pourtant tout est limité. C’est un garçon et pas une fille, c’est un juif et pas un romain, c’est un pauvre et pas un riche. Les anges sont convoqués, mais le confort est pour le moins rudimentaire. Tout est possible et tout s’inscrit dans un lieu précis, un temps précis. Il n’y a rien de général heureusement, car les généralités sont des abstractions. Tout ici est bien réel et il faudra vite s’occuper de le nourrir, de le laver, de l’emmailloter, de s’inquiéter s’il se met à crier. C’est un vrai commencement et tout commencement est une naissance fragile et pleine d’espérance, joyeuse et pleine de soucis.
Dans une naissance, tout est déjà là, l’énergie de la vie et ses potentialités sont données, il y aura à   soigner, éduquer, protéger mais tout est donné. On ne pourra rien ajouter d’essentiel.
Dans cet enfant, tout, de sa mère et de cet homme qui l’accepte, est en germe et, suivant les points de vue, on remontera à Abraham, le père des croyants, et pour d’autres à Dieu lui-même. La source est là, la source sans laquelle il n’y a pas de fleuve si elle se tarit s’en est fait du filet d’eau.
Dans le commencement de cet enfant il y a tout un passé à l’œuvre  et, à y regarder de près, c’est un passé chargé de grandeur et de crimes, une histoire écrite avec des lignes courbes. Oui, tout est en germe mais tout devra être décidé, voulu, assumé, orienté.
Regardons cet enfant de la crèche en son commencement comme nous regardons nos enfants, ceux qui sont dans la première année de leur existence, ceux qui sont encore dans le sein de leur mère. Vous voyez la ressemblance, elle saute aux yeux. Dieu ressemble à l’homme et l’homme ressemble à Dieu. Voilà le vrai commencement ! Il est dans la ressemblance.
Au commencement, Dieu me ressemble ! C’est une annonce toujours nouvelle, incroyable, tellement incroyable qu’on la prendrait pour un rêve d’enfant qu’il faudrait abandonner à l’âge adulte. Pourtant la source de la dignité de chaque être humain est là, sans cesse à l’œuvre. L’égalité de dignité est dans l’acte de Dieu qui veut chacun, qui prend soin de chacun, qui aime chacun infiniment. Il n’y a plus de différences si efficaces qui nous opposent, différence d’âge, de beauté, de rythme, de santé et de statut social. Il n’y a plus cette course effrénée à l’avoir en tout genre, il y a la dignité de chaque être puisque vous et moi, chacun de par le monde, devient en germe la maison de Dieu.
Vous avez l’impression que vous ressemblez à une étable pas très propre, vous avez conscience que, chez vous, c’est un véritable capharnaüm. Dieu choisit de venir là puisque de toute façon dans les endroits bien propres il n’y a que le souci de vous faire reconnaître, il n’y a que le souci de vous-mêmes. Là, dans nos grottes aux animaux, on a abandonné tout souci de paraître, on est réduit à l’élémentaire, au strict minimum et notre dignité éclate comme un bijou sur du fumier.
Je suis digne de Dieu non à cause de mes mérites mais par amour, par décision de Dieu lui-même. Il ne me doit rien, je ne peux rien lui présenter qui soit à sa hauteur alors il vient au plus bas, il se fait le très bas pour me mettre à sa hauteur.
Voilà un commencement plein d’espérance : prendre au sérieux la dignité que Dieu me donne.
Frères et sœurs en Christ, descendez en vous-même en ce jour de fête, dépassez tout souci de vous, tous ces soucis où vous pensez que vous pourriez être le sauveur des autres, ouvrez votre grotte aux animaux, Dieu est là, sur la paille, et il vous dit à chacun : « Je t’aime absolument, je donne tout pour toi, crois moi, ne crois pas tes faiblesses, tes peurs, crois en ma présence, au plus secret, au plus vrai, au plus simple de toi, c’est là que tout commence . Reconnais-moi en tous ces commencements. Pour commencer, fais comme moi : aime et tu finiras en aimant. Je suis en toi pour aimer avec toi ici et maintenant ».

Au commencement, Dieu m’aime.
Au commencement, Dieu nous aime.
Joyeux Noël 

mercredi 19 décembre 2012

Un homme, une mère, un enfant ...


Comme c’est simple ! Il s’agit d’une simple naissance. Une jeune fille met au monde un petit garçon. Partout dans le monde, des centaines et des centaines d’enfants viennent au monde ainsi.
Désirées ou subis, accueillies ou rejetées, au chaud ou dans la froid, entourées d’affection ou abandonnées, en pleine santé ou malades, dans la sécurité d’une maternité ou dans un lieu caché comme une honte, vécues comme un avenir plein d’espérance ou portées comme un poids qui ajoute au malheur, que de naissances en cette heure même !
Voyez combien la naissance à Bethléem les comprend toutes : la joie et la crainte de cette jeune mère, l’attention et l’inquiétude de son mari dans ce lieu à l’écart des hommes. Ils ont été exclus de la compagnie des hommes pour n’avoir que celle du bœuf et de l’âne. Le berceau est en forme de mangeoire : « prenez et mangez » dira, plus tard, l’homme qui est né en ce lieu. Ombres et lumières dans cette grotte aux animaux, peuplée de toutes nos ombres, de toutes nos lumières, de toutes nos peines, de toutes nos espérances. Un homme, une mère, un enfant c’est le berceau de toute humanité., c’est le creuset de nos sociétés qui ont besoin de cette cellule élémentaire  faite de don réciproque et de tendresse pour commencer. C’est cette cellule de base  que nous devons fortifier, protéger. C’est sur de telles cellules de base que peuvent s’appuyer tous ceux et celles qui ont besoin de réciprocité et de reconnaissance. L’égalité de dignité dont tous nous avons besoin trouve ici sa maison.

Mais y manque-il le père ? Le fils de l’Homme n’aura de cesse d’être à son service ...

Un père, une mère un enfant pour le salut du monde !
Jean ROUET

 

vendredi 9 novembre 2012

De retour...


Il y a le désert imaginaire et il y a le désert réel.
Il y'a le désert plein de sable et de dunes à l'infini du regard, avec ses caravanes de dromadaires, ses oasis, ses mirages, sa chaleur torride... Il y a le désert que je viens de traverser avec une quinzaine d'amis et nos guides bédouins. Un lieu de roches et de sables, des couleurs proches du rouge, de l'orange, de l'ocre, des couleurs qui en donne à vos rêves. Des canyons de grès pourpre, des Wadis larges de perspectives lointaines... Le désert est ce lieu où le Dieu unique va à la rencontre de notre père Abraham et cette rencontre au plus intime de l'être met en route vers l'universel.  De campement en campement, de lieu en lieu, l'homme est invité à vivre sa vie comme un chemin et non une installation, comme une itinérance, une voie disaient les premiers disciples du Christ dans les Actes des apôtres. 
Le désert est ce lieu des quarante ans où Moïse fait passer son peuple de la terre d'esclavage à la terre de la liberté. Mais ce chemin est plein de traquenards : on râle de ne pas y arriver aussi vite que l'on voudrait, on préfère assurer du côté sous plutôt que du côté confiance. Plein de tentations nous assaillent pour nous réduire à leur merci, mais des paroles fraternelles viennent nous redire l'amour du Père. Le Christ ne se laisse pas soumettre par la tentation, il surgit du désert comme le Fils, le bien aimé. 
Le désert est le lieu de la séduction où Dieu veut nous parler au cœur dans la solitude, le silence, la marche. Jaillit en nous le désir d'être à lui pour toujours. C’est le lieu où les visages révèlent leur intensité et leur profondeur.
Merci de votre cadeau qui me permet de passer de l'imaginaire au réel de Dieu en moi.
Jean ROUET