mardi 28 mai 2013

Notre Dieu est Père, Fils et Saint-Esprit.


Notre Dieu est Père, Fils et Saint-Esprit. Ce qu’il est en lui-même se révèle à nous à travers ses œuvres. Croire au Dieu Trinité ce n’est pas se lancer dans de grandes théories. C’est prendre au sérieux ce que Jésus révèle de l’être de Dieu à travers ses gestes et ses paroles.
               L’histoire de la foi chrétienne en la Trinité est traversée par deux déviances. Faire de la Trinité une triade c'est-à-dire une croyance en trois dieux bien distincts ou de faire du Père, du Fils ou du Saint Esprit des modalités apparentes. La foi des disciples du Christ puisse dans ses paroles et dans son attitude, parole d’unité totale, attitude de dépendance radicale. 
               C’est dans sa manière de mourir que la révélation est la plus éclatante. Le centurion en témoigne. Sa prière crie son abandon à son Père. Sa vie, il l’a reçue du Père et il la redonne au Père. Il est fils de toujours à toujours, de part en  part. Même quand l’angoisse l’étreint il plonge dans la confiance.
               Le Père ne cesse jamais d’être Père c’est à dire source de vie, origine, jaillissement. Même la mort n’est pas un obstacle et dans la résurrection de Jésus son amour éclate et devient vainqueur de tous les malheurs. A aucun moment il arrête d’être ainsi pour devenir juge qui condamne, père fouettard, surveillant du moindre manquement.

               Il y a entre ce Père et ce fils une communion totale, une unité parfaite, un amour à leur hauteur commune. L’Esprit qui les unit les met de plein pied ; l’un parle du fils « en qui il a mis tout son amour », l’autre du Père dont « il fait tout ce qui lui plait ». Il n’y a aucune démonstration rationnelle, il s’agit ici de les croire sur parole.
               Croire au Dieu unique Père, Fils et Saint Esprit c’est regarder notre Dieu comme mystère de relations où chacun est lui-même sans confusion ni séparation. C’est un  Dieu communion qui veut créer de la communion, qui cherche la communion avec ses créatures.
               Dieu n’est pas solitaire, il est solidaire en lui-même. Il prend chair de notre chair et devient semblable en tout à chacun.
               Dieu n’est pas lointain, il est proche en lui-même. Sa proximité n’est pas de façade, elle est son être véritable. Il fait de nous sa demeure.
               Dieu n’est pas indifférent, il est totalement préoccupé de l’autre en lui-même. Il nous pardonne, il nous porte sur ses épaules, il fait de nous ses amis.
               Dieu n’a pas d’ennemis, des gens se considèrent eux-mêmes comme leur ennemis mais, lui, fait lever son soleil sur les justes come sur les injustes.
               Ainsi en est-il de nous créer à l’image et à la ressemblance de Dieu. Contempler en Jésus, le Père, le Fils et le Saint Esprit c’est découvrir notre être véritable : solidaire et non solitaire, proche et non lointain, préoccupé de l’autre et non indifférent, ami et non ennemis de quiconque.
               Au début du XX siècle, Elisabeth de la Trinité, au Carmel de Dijon, a su exprimer dans une très belle prière sa foi je vous propose d’en prier quelques passages maintenant.
               O mon Dieu, Trinité que j'adore, aidez-moi à m'oublier entièrement pour m'établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l'éternité. Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de vous... Pacifiez mon âme, faites-en … votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre Action créatrice.
               O mon Christ aimé, crucifié par amour… je voudrais vous aimer... jusqu'à en mourir ! Mais je sens mon impuissance et je vous demande de me « revêtir de vous-même », d'identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme, de me submerger, de m’envahir...
               O Verbe éternel, …, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière…
               O Feu consumant, Esprit d'amour, « survenez en moi » afin qu'il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe : que je Lui sois une humanité de surcroît en laquelle Il renouvelle tout son Mystère. Et vous, ô Père, penchez-vous vers votre pauvre petite créature, « couvrez-la de votre ombre », ne voyez en elle que le « Bien-Aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances ».
               O mes Trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me perds, je me livre à vous ... Ensevelissez-vous en moi pour que je m'ensevelisse en vous, en attendant d'aller contempler en votre lumière l'abîme de vos grandeurs.
Jean ROUET

La prière apostolique ou la prière pour le salut des autres


Dans la prière pour le salut des autres, nous ne demandons pas à Dieu de faire notre volonté, mais nous lui demandons de nous donner la grâce de faire sa volonté d’amour sur nous ou sur les autres. En d’autres termes, nous ne cherchons pas à agir sur Dieu, mais nous nous ouvrons à l’action bienveillante de Dieu en notre faveur ou en faveur des autres, Dieu étant le premier à vouloir le salut de chacun de ses enfants.
Dans notre prière pour les autres, Dieu suscite en nous le désir de prier pour leur salut. Dieu veut que chacun  participe à la réalisation du salut des autres.
 La pratique de sainte Thérèse de Lisieux est éclairante sur ce point. L’exemple de la sainte carmélite nous montre qu’en vertu de la communion des saints, chaque mouvement de notre vie avec Dieu agit favorablement sur tous les autres.
En effet, comme nous faisons tous partie du Corps du Christ, il en résulte que grâce à la communion des saints, toute croissance de l’un d’entre nous retentit sur toute l’Eglise ainsi que sur le monde entier : toute âme qui s’élève, élève le monde !
 La prière du Christ (Jean XVII)  le soir du jeudi saint est toute entière une prière apostolique une prière pour les autres. Dans son vocabulaire Saint Jean emploie le mot de « gloire » et de « glorification » à plusieurs reprises en voici une interprétation possible.
 La gloire du Christ c’est le déploiement de l’envergure de son amour. “ Maintenant le Fils de l'homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. ”, dit-il. C’est à l’heure de la croix que se déploie au maximum l’étendue de son amour infini pour l’humanité...  Ça n’a rien à voir avec les images de gloire de chefs, de sportifs, de vedettes en tout genre... La gloire c’est l’envergure de son amour universel !
 Dans sa prière le Christ commence dans sa prière à demander pour lui cette capacité d’aimer tous ceux que le Père lui a donnés. Le souhait de Dieu et de son Christ c’est l’amour de réciprocité, la connaissance mutuelle. Si le Père met sur notre route des personnes c’est pour leur faire connaitre l’amour dont ils sont aimés. Ils sont regardés d’abord comme des « donnés » du Père. Il s’agit de les regarder dans ce qu’ils sont appelés à devenir pour le Père.
 Le monde dont parle Jésus ici n’est pas le monde des hommes mais une réalité de l’histoire qui s’est constituée loin de Dieu. Il prie pour tous ceux qui veulent bien entendre pour que leur premier témoignage soit leur unité. Au cœur du monde, appelés à être témoin de l’amour qui es Dieu, de l’unité qui est entre le Père, le Fils et le Saint Esprit, voilà le cœur de la prière de Jésus totalement finaliser pour que chacun trouve sa réalisation dans la rencontre personnelle de Dieu et qu’ils vivent dans une relation de communion avec les autres.
 La prière apostolique tourne tout mon être vers le désir de Dieu pour tous et donc pour moi : Le don total de soi à l’autre. Tel est l’être de Dieu, tel est la vocation divine de l’homme. 
Notre mission est d’y travailler par grâce.
Jean ROUET

mardi 30 avril 2013

Vous avez dit : “Gloire !”


Le dictionnaire Larousse repère plusieurs significations à ce mot  : “une renommée éclatante, un grand prestige dont jouit quelqu'un dans l'esprit d'un grand nombre de personnes ou bien  l'occasion d'une légitime fierté, d'un orgueil justifié, ce qui suscite l'admiration.”

Aucune de ces significations ne semble convenir quand on parle de la Gloire de Dieu, de la gloire du Christ.
Le Christ à genoux, le Christ en croix, le Christ à la Cène autant de situations qui viennent en contre point d’une représentation grandiose et finalement paillette...  
Je préfère entendre envergure, révélation de l’envergure de quelqu’un, déploiement plénier de la personnalité, de l'être d’une personne. La gloire du Christ c’est le déploiement de l’envergure de son amour. “ Maintenant le Fils de l'homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. ”, dit-il dans le discours après la Cène. C’est à l’heure de la croix que se déploie au maximum l’étendue de son amour infini pour l’humanité... Franchement ça n’ rien à voir avec les images de gloire de chefs, de sportifs, de vedettes en tout genre...
Si vous rapprochez cela du commandement  qu’il nous donne, ça devient très clair : “Je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres. ... Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres.”  Nous aimer c’est chercher notre propre gloire et manifester celle de Dieu ! C’est manifester l'envergure de notre être profond, c’est déployer l’être profond de l'Église.
La gloire c’est l’envergure de l’amour ! Pour moi c’est lumineux et pour vous ?

Jean ROUET

mardi 2 avril 2013

La mort est morte !


C’est incroyable, c’est à ne pas y croire, c’est du délire ! Tels sont les premiers effets chez les témoins qui entendent dire qu’Il est Ressuscité.
Tout semble nous dire le contraire. Même le vide du tombeau  n’est pas probant pour Pierre. La mort étale sa victoire à nos regards désespérés.

Dans les rencontres riches de ces jours saints je pense à cette conversation le samedi avec un homme d’une quarantaine d’années issu d’une famille non chrétienne et qui réalisait, il y a quelques temps le vide de sa vie :  le foot, les filles, le whisky... il me disait combien la modernité était désespérante.

Comme elle est lumineuse la parole de l’ange : “pourquoi chercher le vivant parmi les morts?”.
Notre âme se rend malade à chercher la vie dans les lieux des morts. Nous n’arrêtons pas de visiter nos mémoires coupables, nous sommes obnibulés par nos échecs. La mort est morte! Elle ne produit pas de vie, il faut la laisser dans son tombeau. Ce qui sort du tombeau c’est le vivant c’est à dire celui dont tout l’être dit: “je t’aime”. Tout son corps, tout son être au monde, crie  :”je t’aime. Je n’ai rien pour moi, mon corps n’est pas pour moi, ma vie n’est pas pour moi, mon corps, ma vie c’est pour toi !”

C’est l’amour qui a vaincu la mort ! C’est là que le vivant se manifeste. Il ne s’agit pas d’une morale, d’un comportement de bons ou mauvais chrétiens, il ne s’agit pas d’une idéologie ou d’une sagesse. Il s’agit d’une adhésion, d’une adhésion à quelqu’un, d’un choix que les baptisés de ce jour posent devant nous mais que chacun de nous est amené à faire et refaire ce soir.

C’est dans cette adhésion que nous éprouvons la joie d’être des sauvés. Les ennemis ont déjà perdu ; aucune inquiétude à avoir devant les assauts du mal. Nous sommes sauvés de l’esclavage le plus terrible celui qui est à la source de tous nos maux : l’attachement à nous-mêmes. Nous sommes délivrés du souci de nous-mêmes. Voilà la bonne nouvelle de la liberté du Christ, de la liberté en Christ. Car, attention, ne la cherchez pas au bout des vos efforts, même de carême, cherchez la en lui. C’est une vraie amitié, intérieure, douce et forte qui vous est offerte,  laissez vous aimer !

Notre Église qu’on annonce si souvent vide et en voie de décomposition avancée, voilà qu’elle trompe tous les diagnostics de ces analystes penchés sur son lit de mort. Elle engendre toujours des fils et des filles de Dieu. Elle dénoncent les faux semblants, les hypocrisies. Elle se donne un nouveau pape plus jeune que bien des jeunes, elles se moquent des modes, elle met le prisonnier, l’abandonné, le trahi, au coeur de sa prière et de son service. Elle sait que ses fêtes ne sont rien si elles ne l’engagent pas plus avant et concrètement.

Comme il est heureux d’entendre notre pape François : ”L’'Église doit sortir d’elle même, elle doit aller aux périphéries, les périphéries géographiques mais également existentielles : là où réside le mystère du péché, la douceur, l’injustice, l’ignorance, là où le religieux et la pensée sont méprisés, là où sont toutes les misères.”

En route donc dans la suite du Ressuscité !