mercredi 9 octobre 2013

Encore et encore ....

Une première manche est en train d’être gagnée !
La prière, les réactions nombreuses de part le monde ont fait reculer les partisans de la violence contre la violence. En Syrie on démantèle les armes chimiques ;
Mais les autres continuent  à tuer de part et d’autres. Les communautés chrétiennes sont prises en otages et pour les secourir on en est toujours aux belles paroles… 
On s’entretue en Syrie  et l’ONU est ici impuissante. Les fanatiques de leur pouvoir et les fanatiques de leur religion entretiennent la haine.
Où sont les indignés par cette situation ? Il ne suffit pas de crier, il ne suffit pas de belles paroles, il faut donc continuer à prier, à tendre la main pour forcer au dialogue, dénoncer les fauteurs de guerre, mettre en lumière tous ceux qui tirent bénéfice des ventes d’armes aux uns et aux autres. Quels sont les hommes d’états courageux qui oseront autant pour la paix qu’ils ont voulu l’être dans la légitime défense ?
L’homme en blanc, désarmé, continue ses appels… les relayons-nous ? Les mettons nous en pratique ? Encore vendredi dernier à Assise : « Nous nous adressons à toi, François, et nous te demandons : apprends-nous à être des « instruments de paix », de la paix qui a sa source en Dieu, la paix que le Seigneur Jésus nous a apportée. »

 Jean ROUET

mercredi 28 août 2013

L'improbable paix !

Il y a de quoi désespérer de l'humanité.
En Egypte : le fanatisme ;
en Syrie : le meurtre des enfants ;
au Liban : le terrorisme ;
en Afghanistan : la guerre fratricide ;
au Pakistan : les bombes aveugles...
J'arrête mon chapelet des horreurs.

Quelle réplique ?
D'autres armes ?

Il faut sûrement empêcher que l'horreur continue.
Mais le glaive appelle le glaive.

La paix véritable ne peut venir que du dialogue, que de la justice, que du pardon.

Naïveté ?

Pourquoi pas ! Car tous les réalistes du monde avec leurs armes ne font qu'ajouter siècles après siècles à l'inhumanité de l'homme.


vendredi 7 juin 2013

"Il fut saisi de pitié pour elle".

"Il fut saisi de pitié pour elle".


              Cette rencontre entre Jésus et ce fils unique a quelque chose de tragique. C'est comme s'il voulait éviter à cette femme et à son fils ce que lui-même et sa mère allaient vivre. "Il fut saisi de pitié pour elle". Le cœur du Christ est bouleversé en voyant cette veuve perdre son dernier appui ; il va lui rendre son fils. Le jour de sa propre mort il aura à cœur de laisser un fils à sa propre mère :"Mère voici ton fils". Oui cette scène est bouleversante d'humanité et de compassion. Elle nous révèle trois choses capitales :
- dans le cœur de Dieu, il y a un amour inépuisable pour l'homme ; Dieu est pour la vie, Dieu est contre la mort. Il est le Vivant, lui-même souffre du mal de l’homme,
- pour Dieu l'homme est un être debout et qui parle,
- mais cet acte extraordinaire n'est qu'un signe, qu'une annonce d'une réalité plus merveilleuse ; ce miracle est annonciateur de notre résurrection où Jésus nous relèvera d'entre les morts parce qu'il a été lui-même relevé d'entre les morts par la puissance de son Père des cieux ; il nous rendra les uns les autres, il nous redonnera la parole dans le royaume des cieux. La résurrection est notre vocation!
           Une telle scène peut nous émouvoir et nous faire regretter que le Christ ne continue pas à refaire venir à la vie tous les fils de veuve qui meurent sur cette terre. Là est notre condition humaine ;  nous avons beau essayer par maints artifices de nous cacher la mort, elle fait partie de ce que nous sommes : des êtres dans le temps avec un commencement et une fin. Le Christ et son Père ont pour nous un projet de salut plus ambitieux : nous sommes appelés à la vie éternelle, à une vie qui ne finit pas après la vie qui finit. Notre ouverture à ce don extraordinaire de Dieu se joue dans notre combat pour que, dans cette vie qui finit, les hommes et les femmes vivent debout, les relations familiales soient rétablies, les êtres puissent avoir la parole et se parler. C'est dans ce travail, où notre cœur à l'image du Christ se laisse toucher par les détresses que s'inaugure la vie de ressuscité.
Encore faut-il que nous nous laissions saisir de pitié.
Jean ROUET

mardi 28 mai 2013

Notre Dieu est Père, Fils et Saint-Esprit.


Notre Dieu est Père, Fils et Saint-Esprit. Ce qu’il est en lui-même se révèle à nous à travers ses œuvres. Croire au Dieu Trinité ce n’est pas se lancer dans de grandes théories. C’est prendre au sérieux ce que Jésus révèle de l’être de Dieu à travers ses gestes et ses paroles.
               L’histoire de la foi chrétienne en la Trinité est traversée par deux déviances. Faire de la Trinité une triade c'est-à-dire une croyance en trois dieux bien distincts ou de faire du Père, du Fils ou du Saint Esprit des modalités apparentes. La foi des disciples du Christ puisse dans ses paroles et dans son attitude, parole d’unité totale, attitude de dépendance radicale. 
               C’est dans sa manière de mourir que la révélation est la plus éclatante. Le centurion en témoigne. Sa prière crie son abandon à son Père. Sa vie, il l’a reçue du Père et il la redonne au Père. Il est fils de toujours à toujours, de part en  part. Même quand l’angoisse l’étreint il plonge dans la confiance.
               Le Père ne cesse jamais d’être Père c’est à dire source de vie, origine, jaillissement. Même la mort n’est pas un obstacle et dans la résurrection de Jésus son amour éclate et devient vainqueur de tous les malheurs. A aucun moment il arrête d’être ainsi pour devenir juge qui condamne, père fouettard, surveillant du moindre manquement.

               Il y a entre ce Père et ce fils une communion totale, une unité parfaite, un amour à leur hauteur commune. L’Esprit qui les unit les met de plein pied ; l’un parle du fils « en qui il a mis tout son amour », l’autre du Père dont « il fait tout ce qui lui plait ». Il n’y a aucune démonstration rationnelle, il s’agit ici de les croire sur parole.
               Croire au Dieu unique Père, Fils et Saint Esprit c’est regarder notre Dieu comme mystère de relations où chacun est lui-même sans confusion ni séparation. C’est un  Dieu communion qui veut créer de la communion, qui cherche la communion avec ses créatures.
               Dieu n’est pas solitaire, il est solidaire en lui-même. Il prend chair de notre chair et devient semblable en tout à chacun.
               Dieu n’est pas lointain, il est proche en lui-même. Sa proximité n’est pas de façade, elle est son être véritable. Il fait de nous sa demeure.
               Dieu n’est pas indifférent, il est totalement préoccupé de l’autre en lui-même. Il nous pardonne, il nous porte sur ses épaules, il fait de nous ses amis.
               Dieu n’a pas d’ennemis, des gens se considèrent eux-mêmes comme leur ennemis mais, lui, fait lever son soleil sur les justes come sur les injustes.
               Ainsi en est-il de nous créer à l’image et à la ressemblance de Dieu. Contempler en Jésus, le Père, le Fils et le Saint Esprit c’est découvrir notre être véritable : solidaire et non solitaire, proche et non lointain, préoccupé de l’autre et non indifférent, ami et non ennemis de quiconque.
               Au début du XX siècle, Elisabeth de la Trinité, au Carmel de Dijon, a su exprimer dans une très belle prière sa foi je vous propose d’en prier quelques passages maintenant.
               O mon Dieu, Trinité que j'adore, aidez-moi à m'oublier entièrement pour m'établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l'éternité. Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de vous... Pacifiez mon âme, faites-en … votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre Action créatrice.
               O mon Christ aimé, crucifié par amour… je voudrais vous aimer... jusqu'à en mourir ! Mais je sens mon impuissance et je vous demande de me « revêtir de vous-même », d'identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme, de me submerger, de m’envahir...
               O Verbe éternel, …, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière…
               O Feu consumant, Esprit d'amour, « survenez en moi » afin qu'il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe : que je Lui sois une humanité de surcroît en laquelle Il renouvelle tout son Mystère. Et vous, ô Père, penchez-vous vers votre pauvre petite créature, « couvrez-la de votre ombre », ne voyez en elle que le « Bien-Aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances ».
               O mes Trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me perds, je me livre à vous ... Ensevelissez-vous en moi pour que je m'ensevelisse en vous, en attendant d'aller contempler en votre lumière l'abîme de vos grandeurs.
Jean ROUET