dimanche 21 octobre 2012

Ouvrons, le débat !









Plusieurs paroissiens m'ont demandé de mettre sur la feuille paroissiale ou d'annoncer les manifestations, prévues sur Bordeaux ou ailleurs en France, contre le projet de loi sur le mariage pour tous !" Je n'ai pas accédé à leur demande et voici pourquoi.


La position de l'Eglise Catholique est claire et ce n'est pas un scoop ni une nouveauté : elle est délibérément contre ce projet de loi qui dénature la finalité propre du mariage et met dans la confusion la plus totale les enfants dans le rapport à leur origine, il y a pour eux  une nécessaire identification de leur père et de leur mère.  A cela, tout enfant à droit  ! Le mariage ne sacralise pas l'amour, le mariage ordonne l'amour à la construction de relations stables et reconnues par tous pour la transmission de la vie. Le mariage n'est pas d'abord un droit, il est un engagement. Nous ne sommes pas seulement un "état de droit" mais un état de droits et de devoirs.


Le texte "Elargir le mariage aux personnes de même sexe ? Ouvrons le débat !"    (note du Conseil Famille et Société) donne des éléments pour approfondir la réflexion.


Il s'agit de dépasser les invectives, les slogans les idées toutes faites. L’Eglise Catholique en France invite au débat le plus large possible et au respect de tous. Ensuite elle demande à chacun d'écrire à ceux et celles qu'il a élu député, maires, conseillers généraux, régionaux, etc... C'est eux qui ont la responsabilité de voter les lois de notre république ; c'est de notre devoir de citoyen de leur faire part de notre réflexion et de nos propositions. 

La dignité des débats dira la dignité de la cause !
Jean ROUET


mercredi 17 octobre 2012

Halte aux mauvaises langues !


          Il y a quelques années des 3° d’une aumônerie de collège avaient décidé de partir en guerre contre la médisance : il nous faut tous relancer cette cause  !
              C'est un véritable fléau qui nous atteint tous. Nous sommes plus enclins à propager le mal que le bien. Observons nos conversations, nos jugements, nos appréciations. Il faudrait décréter une campagne nationale !
Dans les meilleurs des cas nous nous prêtons au jeu de la dénonciation du mal ; si nous passions au moins autant de temps à promouvoir le bien ?!
Les journaux, qui connaissent nos goûts, font leur première page du malheur des gens rarement de leur bonheur. C'est vrai que le bien ne fait pas de bruit.
Notre Dieu est le Dieu des bénédictions, c'est à dire qu'il dit et fait le bien. Avec les collégiens je voudrais nous inviter tous à entrer dans la bénédiction de Dieu, à bannir de nos conversations, de nos regards, l'attention à ce qui va mal pour mettre tout notre dynamisme à dire et faire le bien même dans le malheur.
Nous sommes inconséquents : si nous parlons souvent du mal c'est que nous le regrettons, mais, au lieu de travailler en sens contraire, nous perdons nos forces et notre temps dans l'étalement des défauts, des mesquineries, des susceptibilités des uns et des autres tant sur le plan personnel que sur le plan collectif.
Oui, Halte au mauvais usage de notre langue !
La foi chrétienne commence et s'achève par la reconnaissance : reconnaissance de la vie et de l'amour de Dieu donnés à chaque instant ; reconnaissance que la haine est vaincue et que la mort n'a pas le dernier mot ; reconnaissance de tous les gestes simples et humbles qui peuplent nos journées et qui révèlent le Royaume de Dieu qui vient.
Ayons une prière reconnaissante. Ne commençons pas par nous accuser ou accuser notre voisin ; commençons par le commencement : "Et Dieu vit que cela était bon. "
C'est à la propagation de cette bonne nouvelle que nos langues doivent servir.


lundi 28 mai 2012

Faisons la fête

Dieu aime la fête, la jubilation, la joie. Marie aime jubiler, chanter, acclamer le Seigneur. La fête est au cœur du projet de Dieu. Les flammes qui se déposent sur la tête des apôtres, qui entourent Marie en prière, va mettre en leurs cœurs un dynamisme, un souffle à transporter les montagnes…

Dieu aime nos fêtes, il désire que nos assemblées respirent de sa présence, de son enthousiasme, de son amour de la vie et de tous les êtres vivants. L’Esprit, en nos vies, veut crier Abba - Père - et le bénir à la manière de Jésus. Dieu aime les fêtes qui donnent de l’envergure à tous ceux et celles qui y participent, c’est son souci de gloire, d’envergure comme j’aime traduire. Il n’y a rien d’avilissant, rien de factice, rien de trop, rien de mièvre non plus. Il y a un mélange de joie et de paix, une ouverture et un dynamisme qui donne à l’autre toute sa place.

Les fêtes que Dieu aime sont créatives, jubilatoires, elles font exploser la vie. Il y a de la profondeur, de l’intériorité et de la jubilation car elles montent de l’intérieur. Elles révèlent ce que le cœur entend, ce que à quoi le cœur consent et la danse est belle et le rire éclate sans assourdir.

Quelles fêtes aimons-nous ? Celles qui se terminent en beuveries mortelles de bord de Garonne ? Celles qui nécessitent de centaines de policiers pour éviter les excès ? Celles qui conduisent à violenter l’autre ? Nos fêtes sont trop souvent sans lendemain sinon de migraine. Elles sont trop le reflet de l’absence de sens de nos vies. L’angoisse y affleurent. Le miroir d’eau reflète trop les brumes de nos ennuis que l’on saoule le plus vite possible comme pour les noyer.

 Dieu a envie que nous fassions de belles fêtes ! Que l’Esprit fasse de nous des artisans de la fête de Dieu qui fait jubiler le cœur des hommes !

 Jean ROUET

mercredi 1 février 2012

Entre dans la joie !


« Entre dans la joie ! » Cette invitation du maître vient en nos cœurs comme la prière qu’il est juste et bon de prononcer en ce jour. Elle nous permet de vivre ce passage dans la mort au terme de cette belle vie fructueuse comme le passage de la mort à la vie puisque en ces jours se révèlent à nos yeux les bontés de Dieu dans l’existence de Pierre Grenié, dit Peio par les proches. Le père Grenié c’est le sens de la famille, c’est un regard, c’est un compagnonnage.
« Je remercie le Seigneur pour mon père et ma mère dont la tendresse est à l’origine de ma joie de tous les jours, pour ma sœur lumière de ma vie, pour les foyers de mes frères, pour l’amitié affectueuse de mes neveux et nièces. La famille a été pour moi le lieu de mon épanouissement ; ma famille au sens le plus plein car je pense à ces innombrables cousins dont certains ont été si proches… » Écrit-il dans son testament spirituel à Belloc le 27 aout 1976 à l‘issu d’une retraite spirituelle. Comment mieux dire cette dimension qui le rendait si famille, si familier à beaucoup ? Beaucoup croyaient qu’il était totalement basque mais il est né à Bordeaux et baptisé dans cette même basilique où, en ce jour, nous prions pour qu’il entre dans la plénitude du Christ. Educateur et professeur, il dut s’occuper de plusieurs séminaires et, à Saint Maurice comme à Saint Louis de Gonzague, c’est de cet esprit familial qu’il imprégna ses maisons. Les relations fidèles, de longues années après, disent l’empreinte laissée. C’est bien aussi de cet esprit qu’il nous régalait à la table de l’évêque, vendredi après vendredi jusqu’en 2010 avant celle de « Ma Maison ».
Oui, il s’est bien occupé de sa maison et des maisons qui lui ont été confiées : entre dans la joie de la maison du Père !
En comparant la photo de son visage alors qu’il avait environ trente-cinq ans et celle prise lors de son arrivé à « Ma maison », vous remarquerez que la seule chose qui n’a pas bougé c’est le regard. Nous y retrouvons le sourire, la malice, la bienveillance. Tout le reste de sa physionomie est marquée par l’histoire mais ces qualités premières restent bien présentes. Doué d’une prodigieuse mémoire et d’une observation intelligente et précise des événements, il pouvait être redoutable mais son humour et sa volonté de bienveillance adoucissaient ses traits. La manière dont il demande pardon dans son testament manifeste bien sa clairvoyance et sa bonté : « Je demande pardon à ceux que j’ai déçus ou qui ont eu l’impression d’être jugés... et, plus loin… je demande pardon pour ne pas avoir servi l’Eglise avec un cœur suffisamment désintéressé, trop préoccupé de ma réputation et parfois satisfait d’exercer un pourvoir. » Accueillons une fois encore ce regard si personnel à chacun et qui nous parle aujourd’hui du pardon de Dieu sur nos pauvres vies. Il accompli encore son ministère de prêtre, désiré à 11 ans au jour de la confirmation reçue des mains de Mgr Matthieu évêque de Dax. « L’ordination sacerdotale a comblé ma vie - écrit-il en 1976 - puisqu’elle m’a marqué pour le ministère qui depuis 30 ans est toute ma raison d’être. » Oui, il a donné et reçu le pardon, oui il a été le serviteur du regard miséricordieux de notre maître : entre dans la joie qui est au cœur de Dieu.
Dans la vie de Saint Paul le livre des Actes des Apôtres nous dit « qu’Épaphras lui était un compagnon bien-aimé. » Ce titre de compagnon est bien représentatif de ce que le P. Grenié a vécu avec Mgr Maziers et Mgr Eyt. Il emploie lui-même ce mot dans son testament écrivant : « Je remercie tous ceux qui m’ont aidé et qui ont été de vrais compagnons. » et cette mention, revient à deux reprises dans des termes similaires et dans la même page lui si soucieux de bien écrire, correcteur infatigable de l’Aquitaine. Dans notre mémoire, dans les actes majeurs de notre vie diocésaine, depuis les années 1970, il est associé à l’évêque. Il fut un compagnon amical avec le P. Maziers, il fut un compagnon fraternel et paternel avec le P. Eyt, le veillant, le soutenant jusqu’à la fin. Il était le seul à avoir acquis le diplôme de déchiffreur de l’écriture du P. Maziers. Sa discrétion absolue, ses longues veilles, son sens de l’à-propos lui ont permis ainsi de servir l’Eglise « que j’ai aimé de tout mon cœur », écrit-il. « Je rends grâce pour l’amitié confiante, fraternelle de mon évêque et de son auxiliaire. Ils m’ont associé au travail du conseil épiscopal et, depuis 3 ans, à leur prière quotidienne et à leur table… j’ai conscience de n’avoir pas mérité cette confiance et d’avoir très rarement servi à quelque chose. Je prie pour que l’Esprit du Seigneur leur permette d’accomplir le ministère de communion qui leur a été confié ; je prie aussi pour que les prêtres de Bordeaux prennent conscience de quel amour ils sont aimés ».Dans son ministère auprès de l’évêque, la célébration de la confirmation lui donnait la joie de la rencontre des jeunes, d’échanges personnel avec eux et certains évoquent encore ces rencontres. Compagnon de l’apôtre tel fut donc l’essentiel des charges qu’il a accomplies, mais cette qualité lui a donné beaucoup de compagnon et d’amis, les messages reçus, votre présence en disent l’envergure.
Oui, il a marché avec l’Eglise de son temps, il a donné sa vie pour elle : entre dans la joie de la de la Jérusalem d’en haut.
Finalement c’est sa dernière homélie et je le laisse finir de nous conduire à Dieu : « Tu m’appelleras Seigneur quand tu le voudras… Aujourd’hui, d’un cœur libéré, je te donne ma vie : pour mon évêque et son frère dans l’épiscopat, pour tous les prêtres et les séminaristes, pour l’Eglise qui est à Bordeaux, pour ma famille. » Amen