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vendredi 24 décembre 2010

C'est la fête !


Dans nos rues, dans nos maisons nous essayons de mettre de la beauté partout. A Bethléem la paille fait le décor. C’est la crèche aux animaux, c’est la mangeoire pour les bêtes, c’est un lieu d’exclusion... et la vierge donne naissance à un tout petit. Chacun cherche à qui il ressemble : a-t-il le nez du père, le regard de la mère ? Jésus me ressemble en mes commencements et Dieu est tout entier dans cette image et cette ressemblance.

Où chercherez-vous la beauté de cette fête ? Où mettrez-vous votre beauté ? Dans l’extrême faiblesse ? Dans le dénuement ? Dans l’ignorance ? Car il n’y a rien d’autre à voir. La beauté de cette fête est tout entière dans la vie qui surgit comme un inespéré ! Elle est dans la nudité de Dieu qui s’offre à nos regards d’éternels insatisfaits. Elle est dans les regards de Marie et de Joseph soulagés enfin. C’est une beauté qui dit le don sans condition. Heureusement car rien n’était prêt ! C’est une beauté qui laisse libre. C’est pourquoi il y a si peu de monde : quelques bergers surpris et une foule d’anges. C'est une beauté par-delà l’écorce, l’écorce du clinquant et des paillettes, l’écorce de nos duretés ordinaires, l’écorce de nos maladresses et de nos violences. C'est une beauté des profondeurs, une beauté du dedans, une beauté de l’âme. C’est la beauté de Dieu qui ressemble à l’enfant couché dans une mangeoire. Cette beauté fait œuvre de civilisation puisque c’est d’elle qu’est né le respect inconditionnel de chaque être humain de toujours à toujours. C'est de cette beauté qu’est née l’espérance qui a défatalisé l’histoire.
Vous avez un avenir, il y a une issue à l’histoire des hommes.
Joyeux Noël à tous !

Jean ROUET

vendredi 10 septembre 2010

« Des hommes et des dieux ».

Dimanche dernier, j’ai invité mes paroissiens à aller le voir, j'irai dès ce soir, et j’ai bien envie de vous en parler sans l’avoir vu, il s’agit du film sur les frères de Thibérine : « Des hommes et des dieux ». Ceux qui l’ont vu et qui m’en ont parlé, en parlent comme d’un grand moment de profondeur, de beauté, de témoignage.
Les écrits du frère Christophe, le testament spirituel du frère Christian, on déjà pu nourrir notre prière et notre contemplation de l’œuvre du Christ dans le cœur de ces hommes qui ont donné leur vie.
Un commentaire entendu dans la bouche du réalisateur ou d’un des principaux acteurs Lambert Wilson est resté dans mon oreille comme une formidable interrogation.
Ils insistent sur l’universalité du témoignage de ces moines,en affirmant qu’il dépasse toutes les religions pour montrer la force d’une fraternité vécue au quotidien dans leur communauté et avec les musulmans qui les entouraient.
Notre “religion”, en effet pour reprendre ce terme, se donne à voir essentiellement dans la vie d’hommes qui donnent leur vie pour les autres, sans exclusive, c’est ainsi pour le Christ, c’est ainsi pour ces moines.
Le lieu de la manifestation de Dieu, le véritable culte rendu à Dieu, est bien dans l’amour universel du frère. Cette note, cette insistance est l’originalité du Christ et du christianisme dans l’histoire.


Bon film envisagé du Christ !

mercredi 16 avril 2008

Contempler le Christ


La vie des apôtres est une vie toute entière sous le regard du Christ, dans le regard du Christ. La vie des apôtres est un apprentissage continuel de l'attitude de contemplation : trois ans dans la présence réelle et corporelle du Verbe de Dieu, trois ans dans le compagnonnage du Fils Unique. Jean le baptiste, le précurseur, celui qui pose son regard sur le Christ qui passait, se trouve établit par ce regard même comme compagnon de l'Epoux : "Ils vinrent trouver Jean et lui dirent : " Rabbi, celui qui était avec toi de l'autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise et tous viennent à lui ! "Jean répondit : " Un homme ne peut rien recevoir, si cela ne lui a été donné du ciel. Vous-mêmes, vous m'êtes témoins que j'ai dit : "Je ne suis pas le Christ, mais je suis envoyé devant lui. " Qui a l'épouse est l'époux ; mais l'ami de l'époux qui se tient là et qui l'entend, est ravi de joie à la voix de l'époux. Telle est ma joie, et elle est complète. " (Jean 3, 26-36)

La vie ecclésiale faite de vie fraternelle, de prière et de louanges partagées, écoute de la Parole et d'intériorisation de ses appels creuse en nous le désir d'être humblement un disciple du Christ. Il ne s'agit pas de faire des progrès, il s'agit de progresser vers le Christ, d'être avec le Christ, de suivre le Christ. Insensiblement la pratique de la vie baptismale me décentre de tout souci de moi-même ; s'il en reste toujours un peu quelque chose, peu importe, puisque j'ai le désir de demeurer en lui et qu'il demeure en moi. La prière de contemplation va nous adapter à cette recherche renouvelée.

La rencontre aimante du Seigneur consiste à le regarder longuement, à le regarder dans tous les détails pour mettre nos pas dans ses pas, pour ne rien perdre de sa trace. La prière va chercher à entrer dans son histoire pour que mon histoire soit un reflet de Lui. L'attitude intérieure va se faire écoute attentive, observation des gestes, des attitudes, des déplacements, des réactions qu'il a eu sur les chemins de Palestine, dans les bourgs et les villages où il est passé, dans la ville de Jérusalem puisque ce qu'il a montré là, c'est ce qu'il est éternellement avec son Père grâce à l'Esprit Saint. Le rejoindre là, me tenir là, avec lui, auprès de lui pour le servir en tous ses besoins.

Je regarde qui est là : Jésus et tous les personnages de cette scène évangélique.

J'écoute ce qu'ils disent, j'observe ce qu'ils font et chaque fois ce que je vois, ce que j'entends, ce que j'observe, je le laisse se réfléchir sur moi comme si la lumière qui se dégage de ce tableau voulait éclairer, donner des couleurs à ma vie. Il ne s'agit pas de regarder ce que le Christ vit et ensuite de regarder ce que j'en vis ou comment je pourrais le vivre; une telle attitude serait comme un processus de photocopie, mais l'Evangile n'est pas un magasin de prêt à porter, c'est plutôt du sur-mesure. Il ne s'agit pas d'appliquer l'Evangile comme on s'applique une crème de beauté, il s'agit de s'appliquer à être là où il est. Il ne s'agit pas de tirer l'Evangile à soi, mais de se laisser attirer par le Christ comme une séduction profonde de l'être , comme une contamination. L'Evangile n'est pas un petit livre rouge ou bleu à appliquer mais c'est un lieu de rencontre pour pratiquer la fréquentation du Christ.

mardi 15 avril 2008

Le mariage chemin de Liberté


la décision de se donner à quelqu’un est, non seulement l’expression d’une liberté, mais également le début d’un chemin de liberté.
Plus de 122 000 mariages sont célébrés chaque année en France dans les paroisses catholiques. Plus de 50 % des mariages civils. Lors de la célébration de ce sacrement, le prêtre s'adresse ainsi aux fiancés : " Vous avez écouté la Parole de Dieu qui a révélé aux hommes le sens de l'amour et du mariage. Vous allez vous engager l'un vers l'autre. Est-ce librement et sans contrainte ? "
Il s'agit bien donc de liberté, d'une liberté constatée, d'une liberté à construire. Que de fois j'entends les copains d'un futur marié le chahuter en disant : " ça y est, tu vas avoir la corde au cou ! " Que de fois, les réflexions spontanées des jeunes, et des moins jeunes, évoquent le mariage comme une contrainte, comme un lieu de restriction, comme une expérience d'empêchement. La proposition de Dieu est tout le contraire et c'est étonnant. C'est toujours étonnant de considérer que la décision de se donner à quelqu'un est, non seulement l'expression d'une liberté, mais également le début d'un chemin de liberté.
Pourquoi disons-nous qu'il s'agit là de liberté et non de devoirs et d'obligations? Parce qu'en vivant ainsi on expérimente comme un déploiement de notre être, on éprouve que l'on devient plus véritablement soi-même, on perçoit une plénitude. Et l'on est d'autant plus libre, que l'on est humble, c'est-à-dire que l'on éprouve que l'on est bien à sa place, et que l'on donne à l'autre toute sa place, sans l'étouffer, sans le réduire, sans se diminuer; simplement soi-même. Sur ce chemin de liberté, le Christ nous invite à sa rencontre, et nous offre sa propre liberté comme chemin de vie.
Aimer, pour le Christ a le goût de la liberté. L'amour qui rend libre est cette attitude décidée où l'autre et son bonheur est au centre de notre préoccupation. Etre libre, c'est devenir serviteur du bonheur de l'autre. Oui, l'amour qui rend libre est essentiellement dans le don total de soi. C'est des grands mots, mais pour désigner des attitudes simples, des comportements humbles et quotidiens. Saint Paul les énumère : "Joie, paix, patience, affabilité, bonté, fidélité, douceur, tempérance."
Le témoignage de la liberté est un des services essentiels que les disciples du Christ peuvent rendre à leurs contemporains. Nous percevons bien, à travers les nombreuses difficultés que rencontrent beaucoup de couples qui se disloquent, et très vite après leur engagement alors que la plupart ont pu vivre de longues années préalables ensemble, combien le jeu des affections, des désirs, des passions peut être prison insupportable dont on cherche à s'échapper, parce que, à la suite du Christ, nous expérimentons que la vraie liberté est de l'ordre du don absolu et non de la reprise, parce que nous proposons une manière de vivre qui construit une vraie humanité en nous.